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Un fabricant de papier bien connu en Chine montre la voie en améliorant l’efficacité de sa production.

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Résumé

Données essentielles
La collecte et l’analyse fiables des principaux paramètres de fonctionnement, dont les vibrations et la température, sont deux éléments essentiels pour satisfaire aux critères du contrat IMS. SKF a installé des capteurs et des connecteurs BNC (Bayonet Neill-Concelman Connector) sur la machine à papier de Sonoco Hongwen. Pour récupérer les données, on relie par câble des outils portatifs de collecte et d’analyse des données à ces connecteurs permanents. Ce système permet à l’équipe chargée de la maintenance conditionnelle d’éviter les températures élevées générées par les cylindres sécheurs de la machine. En cas de problème, un rapport de maintenance préventive est émis et les mesures nécessaires sont prises, par exemple, un réalignement pendant un arrêt de production programmé.

Un fabricant de papier bien connu en Chine montre la voie en améliorant l’efficacité de sa production.

Une moyenne annuelle de 96,6 heures d’arrêts de production non programmés est un vrai casse-tête pour n’importe quel papetier. Depuis quelques années, l’une des trois lignes de production de la papeterie Sonoco Hongwen Paper était victime de pannes inattendues. « Toute la ligne était paralysée par ces défaillances et nous perdions pas mal d’argent, faute de production, indique Zhu Xigen, directeur général adjoint. En outre, il fallait retirer la pâte de cellulose contenue dans la machine arrêtée, un vrai gâchis de matière première et de capitaux. »

Située le long de la rivière Huangpu dans le quartier shanghaien de Xuhui, la papeterie emploie 540 salariés. Elle est le fruit d’un investissement total de 35,9 millions de dollars consentis conjointement par le géant américain de l’emballage Sonoco et la Shanghai Hongwen Paper Company.

La machine à papier n° 2 (PM n° 2) fabrique du kraftliner (carton kraft épais) et sa production annuelle de 65 000 tonnes correspond à 72 % de la production totale annuelle du site, soit 90 000 tonnes. La PM n° 1 produit du papier pour tubes en carton et la troisième, et dernière, ligne de production façonne les tubes eux-mêmes.

Actuellement, la Chine produit plus de 40 millions de tonnes de papier et de carton. Les statistiques révèlent qu’avec 48 millions de tonnes de papier utilisés en 2003, le pays est le deuxième producteur et consommateur de papier du monde après les États-Unis. D’après les observateurs, la demande en papier devrait continuer d’augmenter pour atteindre les 70 millions d’ici 2010.

 

Depuis 2001, Sonoco Hongwen cherche à réduire ses coûts inutiles et à affirmer sa présence sur le marché. Le papetier Hongwen est réputé depuis des décennies en Chine et a été pionnier dans bien des domaines : en 1960, il a été le premier à se mettre au kraftliner et en 1987, il a inauguré une ligne de production de kraftliner d’une capacité de 50 000 tonnes, là aussi une première dans le pays.

Grâce au partenariat conclu avec Sonoco, Hongwen s’est doté d’une installation de production de tubes en carton en 1995. Comme ils étaient de bonne qualité, ils ont été très bien accueillis par le marché et l’entreprise a attiré des clients comme Kodak, DuPont De Nemours et des fabricants de textiles tels que Far East Textiles et Toray Industries. Quelque 12 000 tonnes de tubes sont produites chaque année. « La rigidité du tube est primordiale, explique Zhu Xigen. En cours de production, lorsque la bande de papier est enroulée, le tube tourne à vitesse très élevée. Nous atteignons une vitesse de 8 000 m/min là où d’autres ne tournent qu’à 4 000 ou 5 000 m/min. Si un tube ne supporte pas une vitesse aussi élevée, il peut éclater, ce qui entraîne une défaillance ou un accident. »

Près de la moitié de la production de la PM n° 1, soit 26 000 tonnes au total par an, est réservée à la production de tubes in situ tandis que l’autre moitié est exportée vers Singapour, la Nouvelle-Zélande, la Malaisie et d’autres pays du Sud-Est asiatique. Le kraftliner de la PM n° 2 sert principalement à fabriquer des emballages pour Wuliangye et Jiannanchun, deux grands alcooliers chinois.

Si la papeterie a contribué à la réussite de ses clients sur le marché, sa capacité de production relativement faible a entravé son expansion. « Nous avons senti une certaine tension sur le marché. Il y a davantage d’entreprises au rendement plus élevé qui apparaissent et proposent des prix assez bas. Certaines ont des lignes dont la capacité de production dépasse les 100 000 tonnes.

– Pendant ce temps, nous devions nous accommoder de 122 heures d’arrêts de production non programmés chaque année. Il nous fallait trouver un moyen de réduire les coûts et d’améliorer la valeur de nos produits. »

 

Après avoir étudié le contrat IMS (solutions de maintenance intégrées) de SKF, Sonoco Hongwen a signé un contrat de cinq ans pour la PM n° 2. Lancé en novembre 2001, ce contrat garantit aux usines de fabrication et de process des retours financiers garantis et convenus préalablement en améliorant le rendement des équipements du site. « Les deux parties ont la même volonté déterminée de coopérer, souligne Zhu Xigen. Le contrat est avantageux pour les deux. Il s’est avéré un moyen efficace pour réduire les arrêts de production imprévus. »

Stephen Shen, technico-commercial SKF impliqué dans le projet dès le début, indique que le contrat IMS entre Sonoco Hongwen et SKF a été le premier de ce type signé en Asie. « Aux termes de cet accord, SKF garantit que les arrêts de production non programmés de la PM n° 2 passeront de 96,6 à 48,3 heures par année en cinq ans. »

À l’heure actuelle, Sonoco Hongwen remplace les opérations de maintenance préventive en vigueur par des procédures préventives standardisées élaborées spécifiquement pour améliorer la fiabilité des équipements. Un système de surveillance qui enregistre continuellement les données contribue également à éviter les arrêts de production imprévus et à supporter les processus. « La vibration des roulements est un indice important, insiste Owen Wang, technicien d’entretien SKF sur le projet. Les roulements jouent un rôle clé dans le fonctionnement de toute la ligne. »

Cette ligne était auparavant équipée de roulements achetés auprès de plusieurs fournisseurs, dont SKF, et le site devait gérer un certain stock pour parer les défaillances inattendues. « Notre audit a révélé que le stock de roulements coûtait alors 800 000 yuans
(1 040 000 euros), ajoute Stephen Shen. Désormais, SKF est entièrement responsable du stock, ce qui a permis à l’usine de réduire ses coûts, mais aussi d’assurer la qualité des roulements et des services de maintenance. »

 

Le contrat a porté ses fruits. Les arrêts de production imprévus sont tombés en moyenne à moins de quatre heures par mois entre janvier et octobre 2004.

« Vu les indicateurs de performances, les opérations de maintenance préventive et l’approche d’amélio­ration continue adoptée ont augmenté la fiabilité de la PM n° 2 », estime Cavin Chen, superviseur du contrat chez SKF Reliability Systems (Shanghai).

En plus, SKF dispense des cours de formation aux techniciens de maintenance et opérateurs de la papeterie pour leur apprendre comment installer et faire marcher les systèmes de surveillance. « Avant, une trentaine de techniciens de maintenance travaillaient sur la PM n° 2 lorsqu’elle était victime d’une défaillance, mais nous avons maintenant réduit leur nombre d’au moins 30 %, souligne Zhu Xigen. Tous ces changements représentent une quasi-révolution, et on peut les attribuer à la technologie de pointe et au savoir-faire spécialisé que SKF partage avec nous. »


 

En bref

  • Fondée en 1995 par un papetier local et Sonoco, la Sonoco Hongwen Paper Co. a été dotée d’une ligne de production de tube en papier.
  • La production annuelle de la PM n° 1 et de la PM n° 2 est d’environ 90 000 tonnes.
  • Sonoco Hongwen exporte 3 600 tonnes de carton chaque année vers Singapour, la Nouvelle-Zélande, la Malaisie et d’autres pays du Sud-Est asiatique.
Sonoco Hongwen a signé en 2001 un contrat IMS dont l’objectif est de faire passer les arrêts de production imprévus de la PM n° 2 de 96,6 à 48,3 heures en cinq ans.