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Nouvelle vague

En 1996, le plus grand croisiériste d’Allemagne, AIDA Cruises, a révolutionné le marché national en proposant un concept touristique d’un nouveau genre. Avec son 11e navire, l’AIDAprima, il reste fidèle à cette formule gagnante tout en étoffant encore son offre.

Par Michael Lawton Photos AIDA

Conception Transports et logistique

En bref

AIDA Cruises
Premier croisiériste d’Allemagne, AIDA Cruises est la propriété du numéro un mondial du secteur, Carnival Corporation. Sa flotte actuelle comprend dix navires, 12 d’ici 2016. Il emploie 6 900 salariés en mer et à terre.

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AIDA

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Andreas Bubbers, Andreas.Bubbers@skf.com

D’aucuns pensent encore qu’il faut absolument emporter une tenue de soirée quand on part en croisière et que le must est d’être invité à la table du capitaine. Le reste du temps, on navigue en sirotant des daiquiris, confortablement installé dans une chaise longue sur le pont. Et si on a de la chance, on peut tomber sur Fred Astaire au bar.

AIDA a beaucoup contribué à démocratiser l’art de la croisière et à lui donner un coup de jeune. Son premier paquebot, l’AIDA, rebaptisé plus tard l’AIDAcara, a été le premier à autoriser le port de vêtements informels et à proposer des restaurants en libre-service et des lieux de détente : saunas, piscines, terrains de sport et salles de gym. Ce concept ciblait un public plus jeune et a remporté un tel succès qu’entre 2007 et 2013, un nouveau bateau a été mis à flot chaque année.

Avec l’arrivée de l’AIDAprima en octobre 2015, AIDA Cruises change de braquet. Ce nouveau paquebot de 124 500 tonnes peut transporter 3 250 passagers contre 2 200 sur ses navires actuels. À bord, on trouvera la même offre mais au quintuple. Avec 12 restaurants, pas besoin de manger deux fois à la même table. Et grâce au toit rétractable, inutile de guetter les nuages quand on se prélasse sur la plage bordée de palmiers.

Mais l’AIDAprima, premier de deux navires-jumeaux actuellement en construction aux chantiers de Mitsubishi Heavy Industries à Nagasaki, au Japon, possède d’autres caractéristiques techniques qui le distinguent de ses prédécesseurs. « Le plus important, c’est le nouveau système intégral de filtrage des émissions, explique Jens Kohlmann, directeur construction navale et projets stratégiques chez AIDA Cruises. Installé pour la première fois sur un navire de croisière, ce système réduit trois types d’émission : les particules de suie, les oxydes d’azote et les oxydes de soufre. Et ce, à hauteur de 90 à 99 % ! »

Le dispositif, qui équipera petit à petit toute la flotte actuelle, est l’un des principaux éléments d’un train de mesures d’une valeur de 100 millions d’euros décidé par AIDA pour réduire l’impact de ses navires sur l’environnement.

Ce n’est pas anodin : les moteurs des paquebots fonctionnent au mazout, qui est produit à partir des résidus du raffinage du pétrole, un facteur montré du doigt par les écologistes. Or, ceux-ci ne tarissent pas d’éloges sur l’AIDAprima. NABU, une association pour la protection de la nature en Allemagne, l’a qualifié de paquebot neuf le plus respectueux de l’environnement en Europe. « Avec lui, le leader allemand de la croisière prend une bordée d’avance sur ses concurrents étrangers », estime Leif Miller, président de NABU.

L’AIDAprima est également doté d’un moteur hybride qui peut être alimenté au gaz naturel liquéfié, carburant beaucoup plus propre, quand il est amarré au port. « Les navires d’AIDA restent environ 40 % du temps à quai, souligne Monika Griefahn, directrice développement durable chez le croisiériste. On peut donc en déduire l’impact qu’ont les mesures que nous avons prises pour faire baisser les émissions dans les ports. »

Mais les meilleures économies de carburant sont les litres de carburant économisés : le nouveau bateau consommera 20 % d’énergie de moins que son prédécesseur le plus récent, l’AIDAstella, alors qu’il est plus grand. « La moitié des économies résulteront de la réduction de la quantité d’électricité nécessaire à l’activité hôtelière grâce à une meilleure isolation, des pompes à commandes électroniques et des ampoules LED, poursuit Jens Kohlmann. L’autre moitié proviendra d’un concept d’entraînement novateur. »

L’avant du navire a été complètement redessiné, lui donnant un look inhabituel très 19e siècle avec une proue rectiligne et verticale jusqu’à la ligne d’eau. Selon Jens Kohlmann, elle permettra d’économiser 10 % de carburant.

Et d’autres économies dériveront des petites bulles d’air sur lesquelles glisse le bateau : le Mitsubishi Air Lubrication System (MALS) crée un « tapis » de bulles qui réduit les frottements et diminue de 7 % supplémentaire la consommation de carburant. « Au minimum, table Matthias Weber, contremaître en chef chargé des nouvelles constructions. Nous espérons davantage, mais nous ne le saurons qu’après les voyages tests. »

Comme le souligne Jens Kohlmann, « nous montrons à nos passagers les plus beaux endroits de la planète et c’est de la beauté de la nature dont ils veulent profiter. Un environnement intact et un modèle commercial durable sont les conditions fondamentales pour que nous puissions offrir des croisières attirantes demain. »

Un voyage tranquille
Un bon paquebot doit offrir du confort à ses passagers, notamment en leur permettant de contempler la mer sans trop sentir ses effets. Comme les autres navires d’AIDA, l’AIDAprima est équipé de stabilisateurs à aileron repliables SKF Blohm + Voss Industries de Hambourg, en Allemagne. Installés sur la partie inférieure de la quille, ils sont commandés par des capteurs dans le but de contrer le mouvement des vagues et de réduire le tangage jusqu’à 95 %. Le fait d’être pourvus de moteurs exceptionnellement puissants leur permet d’être plus compacts et moins encombrants que d’autres produits comparables.

Le nouveau paquebot AIDAprima est construit par Mitsubishi Heavy Industries.Jens Kohlmann, directeur construction navale et projets stratégiques chez AIDA Cruises.L’AIDAprima consomme 20 % d’énergie de moins que son prédécesseur immédiat alors qu’il est plus grand.

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